• En souvenir de Bernard de Montréal

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    En souvenir de Bernard de Montréal 

     

    En Souvenir de
    Bernard de Montréal
    (Juillet 1939 - Octobre 2003)


    À vrai dire, il est plutôt curieux de parler de mémoire et de Bernard d'un même trait. Bernard, la plupart du temps, avait une mauvaise mémoire et aucune mémoire sur certains sujets. Pour lui, notre loyauté et notre participation à la préservation et à la construction de notre mémoire commune nous asservissent et nous condamnent au désarroi de ce monde.

    Non pas que Bernard n’appréciait pas le monde physique, car il l’appréciait énormément. Seulement, rares sont ceux avec lesquels il pouvait communier. Il prenait plaisir à stimuler des conversations pouvant mener à de nouvelles voies d’exploration. Du fait qu’il avait la capacité de s’entretenir sur n’importe quel sujet, et ce sans réserves, il était incapable de formuler des questions ou de ressentir une quelconque curiosité. Ceci le rendait dépendant d'interlocuteurs pouvant proposer une trame de pensée, parfois stimulant, parfois ennuyant.

    Au cours des six derniers mois de sa vie, Bernard perdit du poids ainsi que le goût de manger. Il devint un squelette de ce qu’il avait été. Bernard puisa en lui la force de donner des conférences à des groupes tant privés que publics, et ce avec élan et jusqu’au moment de son départ. On le voyait frêle, jusqu’à ce qu’il se mette à parler, surprenant son auditoire par la force et la clarté de son discours.

    Il [laissa] derrière lui famille, intimes, amis et sympathisants, qui ressentent la profonde influence de son existence. Des individus par centaines ont compté sur sa constance, afin de s’extraire de leurs « scénarios » lors de leur participation aux conférences.

    Le legs physique et visible de Bernard est son œuvre écrite ainsi qu’une vaste librairie d’enregistrements audio tirés de ses conférences publiques. Or, le legs qui se prête le plus difficilement à la description est l’effet de son interaction avec le monde et avec les personnes qu’il rencontra. Bernard décrivit son rôle, jadis, comme étant celui d’un destructeur de formes anciennes étant inappropriées à l’évolution. Toute personne l’ayant admis dans son intimité peut témoigner de son expertise portant sur la démolition des formes contraignantes de la pensée. Il ne s’agissait pas là nécessairement d’une action posée mais plutôt d’un produit involontaire de son interaction.

    Le changement de vie de Bernard, ainsi que l’intégration de ce changement furent extrêmement douloureux et eurent un effet débilitant sur son corps ainsi que sur ceux qui l’entouraient. Il disait que le processus de la « fusion » n’était pas quelque chose qui se peut recommander. Il est même probable que sa forme physique ne put simplement plus supporter la tâche de continuer, après tant de détérioration.

    L’une de ses déclarations récurrentes, tant à travers ses livres que dans ses discours, fut que nous sommes parfaitement outillés pour comprendre ce que nous devons savoir et que nul moyen n’est meilleur, pour accéder à cette compréhension, que celui de la communication interne avec notre Moi supérieur. Toute dépendance envers Bernard ou envers toute autre source est vouée à mener à la désinformation et à la manipulation.

    Ne pleurez pas Bernard, et ne vous apitoyez pas sur vous-mêmes. Il n’y a rien de tel que la vérité, seule la réalité. Si vous tentez d’immortaliser ce qu’il a dit en un mantra, ou une religion, gare à vous !

    Bob Swezey

    17 octobre, 2003

     
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